La peur est l’un des pires fléaux de notre époque. Quotidiennement, les médias nous rappellent que l’être humain est une nuisance pour la planète Terre. Pas une journée ne se passe sans que l’anxiété naisse en nous à l’écoute ou à la lecture de quelque fait troublant concernant la déforestation brutale de l’Amazonie, le smog qui recouvre nos villes ou encore la fonte effrénée des glaces de l’Arctique. Certains jours les nouvelles sont tellement mauvaises qu’il émane de tout cela un fumet d’Apocalypse…

Et si nous nous trompions ? L’être humain est peut-être plus bénéfique pour cette planète que nous le croyons ! Durant les prochaines semaines, vous pourrez lire sur mon blogue des nouvelles sympathiques et optimistes qui vous remettront en accord avec la vie et le genre humain !

Dans l’esprit de nombreuses personnes, les villes sont des milieux asphaltés et bétonnés stériles, impropres à la vie, où règnent le bruit et la pollution. Pourtant, les faits tendent à prouver le contraire puisqu’on retrouve dans plusieurs grandes villes du monde une faune et une flore très diversifiées, parfois plus que dans certaines milieux ruraux. Des études scientifiques ont en effet démontré que les villes peuvent être des milieux plus vivants que certaines campagnes où règnent les monocultures de maïs et de soya entretenues à grand renforts de pesticides. Pour plusieurs espèces de mammifères, d’oiseaux et d’insectes pollinisateurs, les villes sont des milieux accueillants où ils trouvent une nourriture abondante et peu contaminée par les pesticides. De plus, il y a souvent plus de diversité végétale dans les villes que dans les forêts et les champs naturels, puisqu’il faut additionner à la végétation indigène présente les essences ornementales et comestibles que l’être humain implante dans les jardins et les parcs, sur les balcons, les terrasses et les toits ainsi que le long des rues.

Des études scientifiques permettent de croire que le miel produit par des abeilles élevées en milieu urbain contient peu de pesticides. De plus, selon l’Union nationale de l’apiculture française, les abeilles urbaines sont en meilleure santé et plus productives que leurs congénères élevées en milieu rural.

Ainsi, dans mon jardin qui est situé en plein cœur de l’île de Montréal à 10 minutes du centre-ville, en plus des chauves-souris, des écureuils, des lapins à queue blanche, des marmottes, des mouffettes, des ratons-laveurs et des renards roux, j’ai recensé depuis quelques années environ une vingtaine d’espèces de papillons diurnes et près de 70 espèces d’oiseaux dont un grand pic, une petite nyctale et un couple de faucons émerillons qui nichent depuis quelques années au sommet d’une grande épinette, située chez mon voisin. Cet oiseau de proie, tout comme le renard roux d’ailleurs, est fort utile pour contrôler les populations d’écureuils puisqu’il est un excellent chasseur et se nourrit volontiers de jeunes rongeurs. Figurez-vous donc qu’il y a même des cerfs de Virginie et des coyotes qui vivent à Montréal !

Je ne suis pas le seul à observer toute cette vie animale urbaine qui foisonne, puisque les habitants de nombreuses villes du monde sont témoins d’un phénomène pour le moins sympathique. Que ce soit à Montréal, New-York ou Paris, on y observe depuis quelques années le retour du renard roux (Vulpes vulpes), attiré par la nourriture abondante qu’il y trouve. Voilà un retour inattendu de la biodiversité dont se félicitent les biologistes. L’urbanisation galopante et diverses maladies dont la rage et la gale sarcoptique – des campagnes de vaccination ont d’ailleurs permis de contrôler la rage dans certains pays dont le Canada – avaient favorisé le déclin du renard dans plusieurs métropoles. À Zurich, le renard roux a fait sa réapparition vers la fin des années 1980, tandis qu’à Paris, où l’on compte actuellement une vingtaine d’individus, il vient tout juste de faire son retour. À Montréal, New-York et Toronto, on compte les renards roux par centaines, tandis qu’en Angleterre il y aurait près de 35 000 renards vivant en milieu urbain dont environ 10 000 dans la ville de Londres seulement ! Certains organismes, dont l’UICN, voient cet animal comme une espèce invasive. Je préfère plutôt penser que la présence du goupil dans nos villes est un bio indicateur, c’est-à-dire qu’il rend compte de la bonne santé de nos écosystèmes urbains. Quel bonheur que de croiser un renard sur la rue lors d’une balade dans le quartier ! De quoi faire sourire durant toute la journée et alimenter les discussions avec les voisins !

Depuis quelques années, comme c’est le cas du raton laveur et du merle d’Amérique, plusieurs espèces de mammifères et d’oiseaux colonisent les villes et leur nombre augmente de façon impressionnante.